On ne lit pas, ni n'écrit, de la poésie parce que c'est joli.
On lit et écrit de la poésie car on fait partie de l'humanité. Et l'humanité est faite de passions.
La médecine, le droit, le commerce, tous ces métiers sont nécessaires pour assurer la vie, mais la poésie, la beauté, la romance, l'amour, c'est pour ça qu'on vit.
Je ne vis pas pour être un esclave mais le souverain de mon existence.
Peu importe ce que les autres vous diront : les mots et les idées ont la faculté de changer le monde.
John Keating (professeur) : M. Anderson croit que ce qu'il a à l'intérieur ne vaut rien, qu'il est gênant de l'exprimer en public. N'ai-je pas raison, Todd, n'est-ce pas ce que vous ressentez ? Vous avez tort. Moi, je crois au contraire que vous avez quelque chose de précieux au fond de vous. (écrit au tableau)
Non non, pas un simple yawp, un YAWP barbare.
Ah oui. (à voix basse) Yawp.
On n'a pas entendu. Plus fort.
Yawp.
C'est trop faible, allons allons, plus fort, il faut hurler !
Yawp.
Hurle comme un homme, bon sang !
(hurle) YAWP !
Et voila, on y est. Vous voyez, il y a un barbare qui se cache en vous. Alors, on continue sur la lancée. Cette photo de l'oncle Walt, là haut : qu'est-ce qu'elle vous inspire ? Ne réfléchissez pas, répondez tout de suite.
Euh, un... un malade.
Ah, un malade. Et quel genre de malade ? Tout de suite !
Un malade mental.
Mais là vous enrobez. Allez encore plus loin, laissez parler ce qui est en vous, dites la première chose qui vous vient, même si c'est farfelu.
Euh, un vieux fou qui a oublié de se raser.
Oui, c'est bon, il y a un poète en vous en fin de compte. OK, fermez les yeux. Non, on ferme les yeux. Attention, décrivez nous ce que vous voyez.
Je f-ferme toujours les yeux.
Oui ?
Je vois la photo de Walt sur le mur.
Le vieux fou qui a oublié de se raser ?
Le vieux fou qui a oublié de se raser avec un regard qui martèle mon cerveau.
Ça devient très intéressant. Animez le, maintenant. Comment se comporte-t-il ?
Il tend ses mains vers moi, il m'étrangle.
C'est ça, bravo, magnifique !
Et en même temps, il marmonne.
Qu'est-ce qu'il marmonne ?
La vérité toute crue. Il dit que la vérité, c'est comme une couverture qui vous laisse les pieds froids.
(la classe rit) Oubliez les, oubliez les. Restez avec la couverture. Parlez moi de la couverture.
On a beau tirer dans tous les sens, y en a jamais assez, on la tire, on la pousse et elle est trop petite pour nous tous. Du moment où on entre en gémissant au moment où on part agonisant, on se cache sous la couverture et on pleur, on crie et on se meurt.


